Campagne «Kif-Kif devant la loi»

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Les femmes demandent une extension de leurs droits en Algérie et au Maroc

2010-03-19

Les militants algériens souhaitent la révision complète de l'actuel Code de la famille, tandis que les critiques de la Moudawana marocaine font ressortir l'inégalité de sa mise en application.

Par Mouna Sadek à Alger et Siham Ali à Rabat pour Magharebia– 19/03/10

 

[Hocine Zaourar/AFP/Getty Images] La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a déclaré que le Code de la famille en Algérie devait être entièrement revu.

Des associations de femmes de l'ensemble du Maghreb souhaitent que soit modifié le Code de la famille dans leurs pays respectifs, qualifiant la législation actuelle d'insuffisante et demandant une plus grande liberté et une meilleure protection pour les femmes.

En Algérie, plusieurs organisations de femmes mènent le combat en faveur d'une refonte d'un Code de la famille vieux de vingt ans. Les militantes critiquent les restrictions du Code sur le divorce et les règles concernant un tuteur pour les femmes qui souhaitent se marier.

"Les filles dont la mère est décédée ont des difficultés folles pour se marier du fait que leur père ne veut pas les reconnaître. Les cas sont nombreux, et cette situation est inadmissible", a expliqué Cherifa Kheddar, une militante pour les droits des femmes.

Kheddar a lancé une campagne nationale baptisée Kif kif devant la loi ("Tous égaux devant la loi") destinée à éduquer les femmes en milieu rural sur leurs droits aux termes de la constitution algérienne.

De même, dans le code actuel, les maris peuvent recevoir de l'argent si leur femme choisit de demander le divorce, selon le droit du khol'e. Ferroudja Moussaoui, membre de l'association féministe Amusnaw, critique également d'autres aspects du Code.

"La polygamie est toujours en vigueur dès lors que le mariage est consommé. Le mariage des mineures est légalisé de manière indirecte", explique-t-elle.

Les militants ont rejeté les amendements de 2005 au Code de la famille, expliquant que les responsables gouvernementaux avaient choisi de contenter les éléments les plus conservateurs de la société au détriment d'un statut légal amélioré pour les femmes.

La principale avancée des réformes de 2005 a été la désacralisation du Code de la famille, en supprimant toute référence à la charia dans le texte, ajoute Mme Moussaoui.

"Auparavant, nous n’avions pas le droit de parler du Code de la famille sous prétexte que nous touchions au sacré", explique-t-elle, ajoutant que ce Code ne fait rien pour protéger la dignité des femmes algériennes.

Louisa Hanoune, première secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), a appelé samedi 13 mars à l'abandon du Code de la famille.

Des solutions sont nécessaires qui puissent "affranchir la femme des barrières qui lui sont imposées dans tous les domaines", afin qu'elle puisse exercer ses droits de citoyenne à part entière, a-t-elle ajouté.

De l'autre côté de la frontière, le Maroc vient de célébrer le sixième anniversaire de la Moudawana, qui a marqué une évolution très rapide des droits des femmes.

Plusieurs dispositions du Code de la famille marocain doivent encore cependant être généralisées.

L'une des réformes mises en oeuvre aux termes de cette loi a introduit des contrats pré-maritaux. Les épouses ont le droit de signer un document détaillant les biens qu'elles possèdent avant le mariage et précisant comment ces biens seront partagés en cas de divorce, selon l'article 49 de la Moudawana.

Les notaires publics, les adouls, doivent également aviser les deux parties de ces dispositions au moment de la conclusion du mariage.

Mais les militants expliquent que les notaires ignorent bien souvent ces nouvelles dispositions.

"Les adouls n’avisent pas les nouveaux couples de cette disposition", explique Fatima Maghnaoui, une limitante des droits des femmes. "Et quand une femme demande la conclusion ce document, elle est mal vue."

Selon les statistiques du ministère de la Justice, seuls 15,5 pour cent des couples mariés en 2009 ont signé ces documents, une baisse de 22,2 pour cent par rapport à 2008.

En l'état actuel des choses, explique Mme Maghnaoui, l'ignorance de la loi signifie que les femmes sont privées de leurs droits et cause la méfiance des hommes qui hésitent à se marier de peur de perdre leurs biens.

Fatima Moustaghfir, avocate et députée, estime que cette loi est nécessaire pour enraciner les droits des femmes dans la société marocaine.

"Les femmes doivent recourir à la justice, même celles qui ne travaillent pas, pour obtenir leurs droits", a-t-elle expliqué
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